La voyageuse qui traverse
les Halles à la tombée de l'été
Marchait sur la pointe
des pieds
Le désespoir
roulait au ciel ses grands arums si beaux
Et dans le sac à
main il y avait mon rêve ce flacon de sels
Que seule a respiré
la marraine de Dieu
Les torpeurs se déployaient
comme la buée
Au Chien qui fume
Ou venaient d'entrer
le pour et le contre
La jeune femme ne
pouvait être vue d'eux que mal et de biais
Avais-je affaire à
l'ambassadrice du salpêtre
Ou de la courbe blanche
sur fond noir que nous appelons pensée
Les lampions prenaient
feu lentement dans les marronniers
La dame sans ombre
s'agenouilla sur le Pont-au-Change
Rue Git-le-Coeur les
timbres n'étaient plus les mêmes
Les promesses de nuits
étaient enfin tenues
Les pigeons voyageurs
les baisers de secours
Se joignaient aux
seins de la belle inconnue
Dardés sous
le crêpe des significations parfaites
Une ferme prospérait
en plein Paris
Et ses fenêtres
donnaient sur la voie lactée
Mais personne ne l'habitait
encore à cause des survenants Des survenants qu'on
sait plus devoués que les revenants
Les uns comme cette
femme ont l'air de nager
Et dans l'amour il
entre un peu de leur substance
Elle les interiorise
Je ne suis le jouet
d'aucune puissance sensorielle
Et pourtant le grillon
qui chantait dans les cheveux de cendres
Un soir près
de la statue d'Etienne Marcel
M'a jeté un
coup d'oeil d'intelligence
André Breton
a-t-il dit passe