Robert Desnos
Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore
De la splendeur du jour et de tous ses présents.
Si nous ne dormons pas c'est pour guetter l'aurore
Qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.
Étés, puissants étés,
votre nom même passe,
Être et avoir été,
passe-temps et printemps,
Il passe, il est passé comme
une eau jamais lasse,
Sans cicatrices, sans témoins
et sans étangs.
Saisons, vous chérissez du moins
le grain de blé
Qui doit germer aux jours de dégel
et la clé
Pour ouvrir aux départs les
portes charretières.
Les astres dans le ciel par vous sont
rassemblés,
L'an va bientôt finir et des
pas accablés
Traînent sur les chemins ramenant
aux frontières.